Le Figaro.fr - 05/11/05
Le groupe européen devrait enregistrer aujourd'hui une mégacommande d'une valeur de 9 milliards de dollars.
DU JAMAIS VU. L'offensive de charme du groupe européen d'aéronautique et de défense EADS en Chine porte ses fruits. Selon nos informations, le premier ministre chinois, Wen Jiabao, en visite jusqu'à mercredi, devrait signer aujourd'hui une mégacommande de 150 avions moyen-courriers Airbus A 320, selon une source proche des discussions. Sauf rebondissement de toute dernière minute, la filiale à 80% d'EADS devrait donc enregistrer sa plus importante commande chinoise d'avions commerciaux pour une valeur globale de 9 milliards de dollars au prix catalogue du constructeur.
Airbus A320
La signature du contrat doit avoir lieu à Matignon, juste après la réception à l'Elysée par Jacques Chirac du premier ministre chinois. Précautionneux, l'avionneur refusait hier encore de lever le voile sur le nombre précis des avions qu'il espère vendre à la Chine, «les discussions se déroulent toujours jusqu'à la dernière minute. Mais nous travaillons actuellement sur une commande globale de 150 appareils», explique-t-on chez Airbus où l'on craignait qu'une partie de ces commandes fermes ne se transforme en options.De mise dans ce secteur, la prudence l'emporte malgré tout toujours en matière de relations commerciales avec la Chine. Fin novembre, le déplacement du président Bush à Pékin n'a en effet pas empêché Boeing d'essuyer un sacré revers commercial. Alors que le constructeur américain comptait signer la vente de 150 avions B 737 – après la vente de 47 de ses futurs B 787 cette année –, le gouvernement chinois a finalement passé commande de 70 avions et mis une option sur 80 autres. Il est vrai que George W. Bush avait appelé, quelques heures plus tôt, le régime communiste à un plus grand respect de la liberté de culte en Chine...
Jacques Chirac et Wen Jiabao
Chez Airbus comme chez EADS, rien n'a été laissé au hasard pour démontrer la volonté européenne de resserrer ses liens avec la Chine. Hier, Wen Jiabao a longuement visité l'usine d'assemblage du super-jumbo A 380 d'où sortiront les cinq exemplaires commandés en janvier par la Chine. Le premier ministre chinois, qui avait choisi de commencer de façon très symbolique sa visite officielle en France par Toulouse, capitale de l'aéronautique européenne, y a reçu un accueil digne d'un chef d'Etat.
Hier, Français et Chinois ont surtout signé un accord de coopération. Dans un proche avenir Airbus s'est engagé à assembler certains avions en Chine. Les deux partenaires ont ensemble renforcé leur coopération industrielle pour qu'une usine d'assemblage voit le jour dans l'empire du milieu.
Un mois après avoir choisi de sous-traiter la fabrication des ailes de l'A 320 (nos éditions du 10 novembre), l'engouement d'Airbus est à la hauteur de ses ambitions sur place. Le constructeur estime la demande future chinoise à plus de 1 800 avions monocouloirs pour les vingt prochaines années. Avec 34% de parts de marché en Chine (contre 62% pour son rival américain Boeing), il ambitionne de monter à 50% d'ici à 2013.


Les Etats-Unis dénoncent régulièrement la sous-évaluation du yuan, qui procure selon eux un avantage commercial déloyal à la Chine.
John Snow, secrétaire américain au Trésor
Gu Xiulian - présidente de la Fédération nationale des Femmes de Chine
On aurait pensé Shi Zhengrong banquier, politicien, informaticien ou encore patron d'une grande entreprise pétrolière. Mais non, l'homme le plus riche de Chine, à la surprise générale, est un entrepreneur d'énergie solaire selon le magazine Fortune de 2006. Encore plus significatif de l'évolution du pays vers un développement durable: par son arrivée sur le marché des titres en décembre dernier, Suntech Power Co. Ltd est devenue la première entreprise privée d'origine chinoise cotée à New York. À croire que l'Empire du Milieu a compris comment concilier retombées économiques et préoccupations environnementales.
Du riz transgénique non autorisé est actuellement commercialisé en France chez un distributeur chinois, selon une étude réalisée par Greenpeace publiée mardi. Ce riz aurait été modifié pour résister aux insectes mais serait soupçonné de provoquer des réactions allergiques. 

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